Le label RFAR, pour Relations Fournisseurs et Achats Responsables, est un label public français qui reconnaît les organisations ayant structuré des achats responsables et des relations équilibrées avec leurs fournisseurs. Il est délivré conjointement par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats, après une évaluation externe et une décision du Comité du label. Depuis le 30 mars 2026, le référentiel comprend 4 axes, 13 critères et 60 objectifs visés.
Pour un responsable RSE, achats ou dirigeant, la démarche permet d’examiner la gouvernance, les risques, les délais de paiement, la médiation, le sourcing responsable et les impacts territoriaux. Cet article explique la différence entre la charte et le label, les étapes de candidature, les preuves attendues, le suivi annuel et les coûts à anticiper. Il montre aussi comment présenter le RFAR dans un appel d’offres ou vis-à-vis de clients.



Qu’est-ce que le label RFAR ?
Le label distingue des organisations publiques ou privées qui démontrent une politique d’achats responsables et des relations fournisseurs durables. Il ne porte pas sur un produit, un contrat isolé ou la performance d’un fournisseur particulier. Son périmètre correspond à l’entité définie dans le dossier de candidature.
Le premier label Relations fournisseurs responsables a été créé en 2012. Le label actuel l’a remplacé le 1er octobre 2017 afin d’intégrer explicitement les achats responsables et les lignes directrices d’ISO 20400. Il constitue l’étape la plus avancée du Parcours national des achats responsables, après l’autodiagnostic et la charte RFAR.
Sources officielles : Conseil national des achats – Le label RFAR ; Médiateur des entreprises – Parcours national des achats responsables.
Le RFAR est un label public attribué après décision d’un comité. L’organisme évaluateur examine les preuves, mais ne délivre pas lui-même le label.
Qui porte et délivre le label ?
Le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats pilotent conjointement le dispositif. Le candidat choisit un organisme évaluateur agréé. Celui-ci réalise l’évaluation, rédige un rapport et le remet à l’organisation. Le dossier complet est ensuite transmis au Comité du label.
Le Comité analyse le rapport, le plan d’action et la lettre de la direction. Il décide de l’attribution, peut demander des compléments ou refuser le dossier. Lorsque la décision est favorable, une attestation officielle est signée par le Médiateur des entreprises, le CNA et le ministère chargé de l’Économie.
Source officielle : Médiateur des entreprises – Organismes évaluateurs agréés.
Quelle différence entre la charte, le label et ISO 20400 ?
| Dispositif | Fonction | Limite |
|---|---|---|
| Charte RFAR | Engagement volontaire autour de dix principes | Ne démontre pas que les pratiques ont été évaluées |
| Autoévaluation | Diagnostic facultatif de la maturité | Ne constitue ni un audit ni une candidature |
| ISO 20400:2017 | Lignes directrices internationales sur les achats responsables | Ne prévoit pas une certification ISO 20400 |
| Évaluation RFAR | Examen des pratiques et preuves par un organisme agréé | Ne décide pas seule de l’attribution |
| Label RFAR | Reconnaissance publique décidée par le Comité | Ne garantit pas tous les contrats ou fournisseurs |
ISO 20400 fournit des recommandations aux organisations de toute taille pour intégrer la durabilité dans leurs politiques, stratégies et processus d’achat. Elle est classée comme norme de lignes directrices. Il convient donc d’éviter les expressions « certification ISO 20400 » ou « entreprise certifiée ISO 20400 ».
Source officielle : ISO – ISO 20400:2017 Sustainable procurement — Guidance.
Notre comparaison avec les autres reconnaissances est disponible dans notre article : comparer les principaux labels RSE
À quelles organisations le label s’adresse-t-il ?
Toute organisation publique ou privée peut candidater, quelle que soit sa taille ou son secteur, à condition d’avoir signé la charte et de définir un périmètre cohérent. Une PME peut donc engager la démarche, même si les premières organisations labellisées étaient surtout de grands donneurs d’ordre.
La pertinence dépend moins du volume d’achats que des risques et des attentes des parties prenantes. Une entreprise fortement dépendante de quelques fournisseurs, soumise à des délais critiques ou répondant à des appels d’offres exigeants peut trouver un intérêt particulier dans le dispositif.
Quels sont les 4 axes du référentiel RFAR 2026 ?
Le référentiel 3.0, applicable depuis le 30 mars 2026, réorganise le label autour de 4 axes et 13 critères.
| Axe | 13 critères regroupés |
|---|---|
| 1. Gouvernance et stratégie | Politique et stratégie achats responsables ; gestion des risques et opportunités ; professionnalisation des achats ; éthique des affaires |
| 2. Processus achat | Stratégie achats et sélection des offres ; gestion de la performance des fournisseurs et des contrats |
| 3. Relation fournisseurs | Respect des intérêts ; médiation ; écoute de la voix des fournisseurs ; équité financière |
| 4. Écosystème et filières | Coût global ; contribution territoriale ; consolidation des filières et croissance économique |
Sources officielles : Présentation du Label RFAR 2026 ; CNA – Le label RFAR.
Que représentent les 60 objectifs et les 13 points majeurs ?
Chaque critère est décliné en objectifs visés. Le référentiel 2026 en compte 60. Ils décrivent les engagements et pratiques attendus, par exemple la gestion des risques, les conditions contractuelles, les délais de paiement ou l’analyse du coût du cycle de vie.
13 objectifs sont considérés comme déterminants. Ils donnent lieu à des questions majeures et font l’objet d’une attention particulière lors de l’attribution et des revues annuelles. L’organisation doit apporter des preuves tangibles et prévoir des actions de progrès pour les autres écarts identifiés.
Comment candidater au label RFAR ?
La candidature repose sur un parcours formalisé. L’autoévaluation peut aider à se préparer, mais elle n’est pas une condition préalable au dépôt de l’acte de candidature. La signature de la charte, en revanche, est obligatoire.
- Signer ou actualiser la charte : L’organisation formalise son engagement autour des 10 principes RFAR.
- Définir le périmètre : La direction précise les entités, sites et activités concernés.
- Construire un plan de progression : Les pratiques existantes et les écarts sont analysés.
- Réaliser l’autoévaluation : Le questionnaire facultatif aide à mesurer la maturité.
- Déposer l’acte de candidature : Le dossier comprend une lettre du dirigeant expliquant le sens du projet.
- Choisir un évaluateur agréé : Le choix intervient après validation de la candidature par le Comité.
- Passer l’évaluation : L’évaluateur examine les documents, réalise les entretiens et observe les pratiques.
- Finaliser le dossier : Le rapport, le plan d’action sur trois ans et la lettre de direction sont transmis au Comité.
- Recevoir la décision : Le Comité attribue le label, demande des compléments ou refuse la candidature.
Source officielle : Médiateur des entreprises – Candidater au label RFAR.
Quelles preuves préparer ?
Les preuves doivent montrer la cohérence entre la stratégie, les décisions, les pratiques, les résultats et les actions correctives.
- Politique et objectifs d’achats responsables validés par la direction.
- Cartographie des risques, opportunités et dépendances fournisseurs.
- Organisation de la fonction achats, compétences et formations.
- Code éthique, dispositif anticorruption et gestion des conflits d’intérêts.
- Cahiers des charges intégrant des critères environnementaux et sociaux.
- Méthodes d’évaluation et de suivi de la performance des fournisseurs.
- Contrats, clauses de médiation et règles de traitement des litiges.
- Indicateurs de délais de paiement et actions sur les factures bloquées.
- Enquêtes ou dispositifs d’écoute de la voix des fournisseurs.
- Analyses de coût global et de cycle de vie lorsque pertinentes.
- Actions en faveur des PME, territoires, filières et fournisseurs inclusifs.
- Plans d’action, responsables, échéances et revues de résultats.
| Point de vigilanceUne charte, une clause ou un tableau de bord prouve l’existence d’un moyen. L’évaluateur cherchera aussi la mise en œuvre, les résultats, les écarts et les décisions prises. |
|---|
Comment choisir un organisme évaluateur agréé ?
La liste des cabinets agréés est publiée par le Médiateur des entreprises et le CNA. Leur périmètre d’intervention peut varier selon la taille, le secteur ou le caractère public de l’organisation. Il faut donc vérifier l’agrément en vigueur, les compétences proposées et l’absence de conflit d’intérêts.
L’accompagnement et l’évaluation doivent rester séparés lorsque les règles d’impartialité l’exigent. Une organisation peut solliciter un audit à blanc auprès d’un prestataire, puis choisir un autre cabinet pour l’évaluation officielle. Le devis doit détailler les jours d’intervention, déplacements, sites, entretiens et revues annuelles.
Liste de référence : organismes évaluateurs agréés RFAR.
Comment se déroule l’évaluation ?
L’évaluation combine une revue documentaire et des échanges avec les acteurs concernés. Le responsable achats ne peut pas répondre seul à toutes les questions. La finance, la comptabilité fournisseurs, le juridique, la conformité, la RSE et les prescripteurs internes doivent pouvoir expliquer leurs pratiques.
L’évaluateur vérifie notamment la cohérence du périmètre, la connaissance des risques, la gestion des contrats, les délais de paiement, la médiation et les résultats. Le rapport identifie les constats, les points majeurs et les axes de progrès. Il ne vaut pas décision d’attribution.
Quelle est la durée du label et comment fonctionne le suivi ?
Le label est attribué pour trois ans, sous réserve d’une vérification annuelle portant notamment sur les critères majeurs. Une organisation qui ne réalise pas les revues prévues ou qui ne respecte plus un point majeur s’expose à une demande de correction, voire au retrait du label.
Au terme des 3 ans, le renouvellement nécessite une nouvelle évaluation dans des conditions comparables à l’évaluation initiale. Le plan d’action doit donc être piloté dès l’attribution, avec des responsables, des indicateurs et des échéances vérifiables.
Quel coût et quel délai prévoir ?
Aucun tarif universel ne s’applique à toutes les organisations. L’évaluation est réalisée aux frais du candidat. Le coût dépend du périmètre, des sites, du volume d’achats, de la complexité des processus et du nombre d’entretiens.
| Poste | Éléments à anticiper |
|---|---|
| Évaluation initiale | Préparation, revue documentaire, entretiens, visite et rapport |
| Revues annuelles | Vérification des points majeurs pendant les trois ans |
| Temps interne | Collecte, analyses, réunions, réponses et pilotage du plan |
| Accompagnement facultatif | Formation, diagnostic, audit à blanc ou appui méthodologique |
| Outils et données | Indicateurs, enquêtes fournisseurs et consolidation des preuves |
| Renouvellement | Nouvelle évaluation au terme de la période |
Le délai dépend de la maturité. Une organisation disposant déjà d’indicateurs de paiement, d’un médiateur et d’une politique fournisseurs pourra préparer plus rapidement son dossier. Une PME partant de pratiques peu formalisées devra d’abord créer des règles, consolider les données et tester leur application.
Exemple de préparation pour une PME industrielle
Une PME industrielle de 280 salariés réalise 45 millions d’euros d’achats annuels. Elle dépend de plusieurs fournisseurs techniques et souhaite renforcer ses réponses aux appels d’offres. Son diagnostic montre des pratiques solides, mais des données dispersées.
| Chantier | Action | Pilote | Preuve |
|---|---|---|---|
| Gouvernance | Valider une politique et six objectifs prioritaires | Direction / achats | Politique, comité et tableau de bord |
| Paiement | Analyser les factures en retard et leurs causes | Finance | Délais, litiges et plan correctif |
| Dépendance | Identifier les fournisseurs exposés | Achats | Cartographie et plans de sécurisation |
| Médiation | Nommer et faire connaître le médiateur | Direction juridique | Procédure et communications |
| Sourcing | Intégrer des critères RSE proportionnés | Acheteurs | Cahiers des charges et grilles |
| Voix fournisseurs | Lancer une enquête annuelle | Qualité fournisseurs | Résultats et actions |
| Filières | Développer deux partenariats locaux | Achats / RSE | Contrats et indicateurs territoriaux |
Quels sont les bénéfices et les limites ?
Les bénéfices opérationnels
- Structurer la gouvernance et professionnaliser la fonction achats.
- Mieux détecter les risques contractuels, financiers et fournisseurs.
- Formaliser la médiation et l’écoute des partenaires.
- Améliorer le suivi des délais de paiement et des dépendances.
- Intégrer des critères RSE proportionnés dans les consultations.
- Disposer d’un cadre public reconnu pour piloter l’amélioration.
Les limites à communiquer
- Le label ne garantit pas l’absence de litige ou de retard.
- Il ne certifie pas chaque fournisseur ni chaque contrat.
- Il ne remplace pas les obligations légales et contractuelles.
- Il ne garantit pas l’obtention d’un marché.
- Il ne démontre pas seul la réduction des impacts environnementaux.
- Sa valeur dépend du périmètre, des preuves et des résultats présentés.
Comment valoriser le label RFAR auprès des clients ?
Le RFAR peut renforcer une proposition commerciale lorsque le client évalue la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. Il apporte une preuve externe sur la gouvernance des achats et la relation fournisseurs. Il doit néanmoins être associé à des résultats compréhensibles.
Soutenir les appels d’offres
Dans un dossier, l’entreprise peut présenter l’attestation, le périmètre, la date de validité et quelques indicateurs : délais de paiement, fournisseurs évalués, médiations traitées ou part des consultations comportant des critères RSE. Ces éléments doivent répondre à la question posée, plutôt que remplacer toutes les preuves par le logo.
Former les équipes commerciales
Les commerciaux doivent savoir expliquer la différence entre la charte et le label, le rôle d’ISO 20400 et les limites de la reconnaissance. Ils doivent éviter les expressions « fournisseurs certifiés responsables » ou « chaîne d’approvisionnement garantie ».
Comprendre les attentes des prospects
L’analyse des questionnaires clients permet d’identifier les thèmes les plus demandés : paiement, dépendance, éthique, achats locaux, carbone, inclusion ou droits humains. Les équipes achats et commerciales peuvent alors préparer des preuves cohérentes et orienter les plans de progrès.
Pour transformer ces preuves en différenciation commerciale, consultez notre page sur la valorisation RSE auprès de vos clients et donneurs d’ordre
Conclusion
Le label RFAR fournit un cadre public exigeant pour structurer les achats responsables et la relation fournisseurs. Le référentiel 2026 renforce la lisibilité autour de 4 axes, 13 critères et 60 objectifs. La réussite de la démarche dépend surtout de la qualité des preuves, du traitement des points majeurs et du pilotage continu du plan d’action.
Sources officielles utiles
- Conseil national des achats – Le Label Relations fournisseurs et achats responsables
- Médiateur des entreprises – Candidater au label RFAR
- Médiateur des entreprises – Organismes évaluateurs agréés
- Médiateur des entreprises – Présentation du Label RFAR 2026
- Médiateur des entreprises – Questionnaire du référentiel RFAR 2026
- Médiateur des entreprises – Liste des 60 objectifs visés
- ISO – ISO 20400:2017 – Sustainable procurement — Guidance
- Données publiques du ministère de l’Économie – Liste des organisations labellisées RFAR
