Le Label Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est un label d’État volontaire. Il reconnaît les démarches mises en place par un employeur pour assurer l’égalité de traitement, réduire les écarts et développer la mixité professionnelle. Créé en 2004, il évalue la politique de l’organisation, ses processus RH, son dispositif de signalement, ses actions de formation et les résultats obtenus.
Pour un responsable RSE, RH ou un dirigeant, la candidature ne se limite pas à obtenir un bon score à l’Index. Elle suppose un diagnostic plus large sur les rémunérations, les carrières, la parentalité, l’organisation du travail et la gouvernance. Cet article présente les 7 domaines du cahier des charges, les preuves attendues, l’audit et le suivi à 2 ans. Il explique aussi comment valoriser le label auprès des candidats et clients.



Qu’est-ce que le Label Égalité professionnelle ?
Le Label Égalité professionnelle vise à promouvoir l’égalité des droits et la mixité entre les femmes et les hommes dans le travail. Il peut être demandé par une entreprise, une association, une administration, une collectivité ou un établissement public.
Le dispositif est piloté par l’État et mis en œuvre par AFNOR Certification. L’évaluation repose sur un cahier des charges adapté à la taille et au statut de l’employeur. Le rapport est ensuite examiné par une commission composée de représentants de l’État, des syndicats de salariés et des organisations patronales.
Sources officielles : Ministère du Travail – Le Label Égalité professionnelle ; AFNOR Certification – Label Égalité professionnelle.
| Une démarche volontaireLe label ne remplace pas les obligations légales relatives à l’égalité salariale, à l’Index, au harcèlement ou à la représentation équilibrée. |
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Quelles organisations peuvent candidater ?
Le label est accessible aux employeurs privés et publics, quelle que soit leur activité. 3 cahiers des charges sont publiés afin d’adapter la démarche aux contextes suivants :
- organismes privés de moins de 50 salariés ;
- organismes privés d’au moins 50 salariés ;
- employeurs publics.
L’organisation doit définir un périmètre cohérent. Elle peut candidater pour un ensemble de sites ou pour une activité clairement délimitée. La communication devra ensuite reprendre ce périmètre avec précision afin de ne pas laisser croire que toutes les entités d’un groupe sont titulaires.
Pour comparer cette reconnaissance avec d’autres dispositifs sociaux ou RSE, consultez notre page : comparer les principaux labels RSE
Quelle différence avec l’Index de l’égalité professionnelle ?
L’Index et le label poursuivent un objectif commun, mais leur statut et leur portée diffèrent. L’Index est une obligation pour les entreprises et unités économiques et sociales d’au moins 50 salariés. Il doit être calculé, déclaré et publié chaque année au plus tard le 1er mars.
Le label est volontaire. Il examine un système plus large : gouvernance, processus RH, signalements, formation, parentalité, communication et amélioration continue. Un bon Index constitue une donnée utile, mais il ne suffit pas à démontrer la maîtrise de l’ensemble du cahier des charges.
| Dispositif | Statut | Objet | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Index Egapro | Obligatoire dès 50 salariés | Mesurer plusieurs écarts femmes-hommes | Chaque année |
| Label Égalité | Volontaire | Évaluer la politique, les processus et les résultats | Cycle de 4 ans |
| Label Diversité | Volontaire | Prévenir l’ensemble des discriminations | Cycle de 4 ans |
| Alliance | Volontaire | Candidater aux deux labels | Audit commun, décisions distinctes |
Lorsque l’Index est inférieur à 75 points, des mesures de correction doivent être définies et publiées. Lorsqu’il est inférieur à 85 points, des objectifs de progression doivent également être fixés et rendus publics.
Source officielle : Entreprendre Service Public – Index de l’égalité professionnelle.
Quels sont les 7 domaines évalués ?
Le cahier des charges actuel est organisé autour de 7 domaines. Ils permettent de vérifier la cohérence entre l’état des lieux, les engagements, les pratiques quotidiennes et les résultats.
| Domaine | Question examinée | Exemples de preuves |
|---|---|---|
| État des lieux et risques | Les écarts et causes sont-ils identifiés ? | Index, données RH, cartographie, enquêtes |
| Politique d’égalité | La direction fixe-t-elle des objectifs et moyens ? | Engagement, accord, plan d’action, responsabilités |
| Signalement et écoute | Les situations peuvent-elles être remontées et traitées ? | Canal, procédure, délais, traçabilité |
| Communication et formation | Les acteurs comprennent-ils leurs responsabilités ? | Plans de formation, supports, campagnes |
| RH et gouvernance | Les décisions sont-elles objectives et contrôlées ? | Grilles, rémunérations, promotions, revues |
| Communication externe | L’organisation associe-t-elle son écosystème ? | Fournisseurs, clients, partenariats territoriaux |
| Mesure des effets | Les actions produisent-elles des progrès vérifiables ? | Indicateurs, bilans, écarts et corrections |
Comment réaliser l’état des lieux initial ?
Le diagnostic doit dépasser la note globale de l’Index. Il compare la situation des femmes et des hommes à chaque étape du parcours professionnel, puis recherche les causes des écarts observés.
- répartition des effectifs par métier, statut et niveau hiérarchique ;
- écarts de rémunération fixe et variable ;
- augmentations individuelles et promotions ;
- recrutements, mobilités et départs ;
- accès à la formation et aux missions stratégiques ;
- temps partiel, télétravail et organisation des horaires ;
- retours de congé maternité, paternité ou parental ;
- présence dans les postes de direction et instances de décision ;
- signalements de harcèlement, sexisme ou discrimination.
L’analyse doit tenir compte des effectifs disponibles et éviter des conclusions hâtives sur de petits groupes. Les données individuelles doivent être protégées et utilisées pour des finalités clairement définies.
Quelles preuves préparer pour l’audit ?
- Diagnostic chiffré et cartographie des risques.
- Politique signée par la direction et responsabilités attribuées.
- Accord collectif ou plan d’action applicable.
- Objectifs, indicateurs, échéances et ressources.
- Grilles de recrutement, d’évaluation et de promotion.
- Analyses des écarts de rémunération et décisions correctives.
- Procédure de signalement et traitement des alertes.
- Formations des RH, recruteurs, managers et référents.
- Mesures relatives à la parentalité et à l’articulation des temps.
- Actions de mixité dans les métiers et niveaux d’encadrement.
- Contrôles des logiciels et outils de décision RH.
- Bilan annuel et preuves de l’amélioration continue.
| Point de vigilanceUne action de sensibilisation mesure une réalisation. Elle ne démontre pas, à elle seule, une réduction des écarts de rémunération ou une progression de la mixité. |
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Comment analyser les rémunérations et les carrières ?
L’entreprise doit comparer des situations professionnelles suffisamment proches. L’analyse peut tenir compte du métier, du niveau de responsabilité, de l’ancienneté, de la classification et du temps de travail.
Tout écart ne constitue pas automatiquement une inégalité illicite. L’employeur doit cependant pouvoir expliquer les différences par des critères objectifs, pertinents et documentés. Lorsque ce n’est pas possible, un plan de correction doit préciser les populations concernées, les moyens et le calendrier.
Développer la mixité des métiers et des responsabilités
La mixité ne se résume pas à l’équilibre global des effectifs. Une organisation peut compter autant de femmes que d’hommes tout en maintenant une forte ségrégation entre métiers, filières ou niveaux hiérarchiques.
Les actions utiles incluent la révision des offres, l’élargissement des viviers, le mentorat, l’accès équitable aux formations et la transparence des critères de promotion. Les résultats doivent être suivis par métier et par niveau de responsabilité.
Comment traiter la parentalité et l’organisation du travail ?
Le cahier des charges examine l’effet de l’organisation du travail sur les parcours. Les horaires, réunions tardives, déplacements, temps partiels ou contraintes de présence peuvent pénaliser certaines populations sans intention explicite.
L’entreprise peut analyser les retours de congé, l’accès aux augmentations, la charge de travail et les possibilités d’aménagement. Les mesures doivent concerner les femmes et les hommes afin d’éviter que la parentalité reste associée aux seules salariées.
Comment sécuriser le signalement et l’écoute ?
Un dispositif efficace doit être connu, accessible et suffisamment indépendant. Il précise les personnes habilitées à recevoir une alerte, les délais de traitement, les mesures de protection et les modalités de conservation des informations.
Le nombre de signalements ne doit pas être interprété isolément. Une hausse peut refléter une dégradation, mais aussi une meilleure connaissance du canal et une confiance accrue. L’organisation doit donc analyser la nature des situations, les délais et la qualité des réponses.
Comment contrôler les outils numériques et l’intelligence artificielle RH ?
Les outils de recrutement, d’évaluation ou de gestion des carrières peuvent reproduire des biais présents dans les données historiques. Le cahier des charges rénové invite les employeurs à examiner leur utilisation responsable.
Les contrôles portent notamment sur les données collectées, les critères de classement, la supervision humaine, l’information des personnes et les recours possibles. Le fournisseur doit pouvoir expliquer le fonctionnement de l’outil et fournir les éléments nécessaires à son évaluation.
Source officielle : CNIL – Guide du recrutement.
Comment se déroule la labellisation ?
- Définir le périmètre : Choisir les sites, activités et effectifs couverts.
- Réaliser le diagnostic : Analyser les données, les risques et les pratiques.
- Définir la politique : Fixer les objectifs, responsabilités et moyens.
- Déposer la candidature : Transmettre le dossier adapté à l’effectif et au statut.
- Passer l’évaluation : Présenter les documents, données et pratiques aux évaluateurs.
- Traiter les écarts : Apporter les compléments ou corrections demandés.
- Passer en commission : Le rapport est examiné par les trois collèges.
- Obtenir le label : AFNOR Certification rend la décision d’attribution.
La durée de préparation dépend du niveau de maturité, du nombre de sites et de la qualité des données. Une ancienne fiche pratique estime le processus complet à 12 mois, mais ce délai n’est pas une durée officielle garantie.
Quelle est la durée du label ?
Le label est attribué pour 4 ans. Une évaluation de suivi est organisée après 2 ans afin de vérifier le déploiement des actions et la maîtrise des processus. Le renouvellement nécessite une nouvelle évaluation à la fin du cycle. Une dégradation des pratiques, l’absence de suivi ou un périmètre devenu incohérent peuvent fragiliser le maintien de la reconnaissance.
Quel coût prévoir ?
Aucun tarif public universel ne peut être appliqué à toutes les organisations. Le prix dépend des effectifs, du nombre de sites, du périmètre et de la durée d’intervention des évaluateurs.
| Poste | Éléments à anticiper |
|---|---|
| Audit initial | Effectifs, sites, périmètre et temps d’évaluation |
| Préparation interne | Diagnostic, collecte, réunions et gouvernance |
| Accompagnement | Conseil, formation ou audit à blanc facultatif |
| Actions correctives | Rémunérations, outils RH, procédures et formations |
| Suivi à 2 ans | Évaluation intermédiaire du déploiement |
| Renouvellement | Nouvelle évaluation après quatre ans |
Une candidature conjointe avec le Label Diversité peut mutualiser le dossier et une partie de l’audit.
Exemple de préparation pour une PME
Une PME industrielle de 90 salariés souhaite structurer sa politique et mieux répondre aux questionnaires sociaux de ses donneurs d’ordre.
| Chantier | Action | Pilote | Preuve |
|---|---|---|---|
| Diagnostic | Analyser Index et parcours RH | RH / RSE | Tableau des écarts |
| Rémunérations | Examiner les écarts inexpliqués | Direction / RH | Plan de correction |
| Recrutement | Créer des grilles objectives | RH | Modèles et contrôles |
| Carrières | Revoir promotions et formations | Managers / RH | Comité de revue |
| Signalement | Formaliser un canal confidentiel | Direction | Procédure et suivi |
| Formation | Former managers et recruteurs | RH | Programme et présence |
| Pilotage | Suivre huit indicateurs | Référent égalité | Bilan annuel |
Quelle différence avec le Label Diversité ?
Le Label Égalité professionnelle cible l’égalité et la mixité entre les femmes et les hommes. Le Label Diversité couvre l’ensemble des critères de discrimination reconnus par la loi.
Le dispositif Alliance permet de déposer un dossier commun et d’organiser un audit combiné. Les labels restent cependant autonomes : ils disposent de modules spécifiques, de commissions distinctes, de décisions séparées et de logos différents.
Source officielle : AFNOR Certification – Alliance des labels.
Quels sont les bénéfices et les limites ?
Les bénéfices opérationnels
- Structurer les décisions de rémunération et de carrière.
- Renforcer la traçabilité des processus RH.
- Développer la mixité dans les métiers et les responsabilités.
- Former les managers et les recruteurs.
- Obtenir un regard externe sur les pratiques.
- Soutenir la marque employeur et certains questionnaires RSE.
Les limites à communiquer
- Le label ne garantit pas l’absence d’écart ou de contentieux.
- Il ne remplace pas le calcul annuel de l’Index.
- Il ne prouve pas la conformité de chaque décision individuelle.
- Il ne garantit pas une hausse des candidatures ou de la performance.
- Sa valeur dépend du périmètre et des résultats présentés.
Comment valoriser le label commercialement ?
Le label peut renforcer une proposition commerciale lorsque le client évalue la politique sociale, la gouvernance ou les pratiques RH de ses fournisseurs. L’entreprise doit présenter son périmètre, la durée de validité et des résultats directement liés à la demande.
Soutenir les appels d’offres
L’attestation peut être accompagnée d’indicateurs sur les rémunérations, la mixité, les promotions, la formation ou la parentalité. Le logo seul ne répond pas à une question qui demande une donnée ou une procédure précise.
Former les équipes commerciales
Les équipes doivent savoir distinguer le label de l’Index et expliquer la portée du périmètre. Elles éviteront les formulations telles que « aucune inégalité n’existe » ou « toutes nos décisions sont certifiées conformes ».
Identifier les attentes des clients
Les questionnaires peuvent être classés par thèmes : rémunérations, gouvernance, mixité, harcèlement, parentalité, formation ou représentation dans les postes de direction. Cette analyse aide à sélectionner les preuves utiles et à orienter le plan d’amélioration.
Pour transformer ces résultats en arguments crédibles et préparer une prise de contact, consultez notre article sur la valorisation RSE auprès de vos clients, prospects et donneurs d’ordre
Conclusion
Le Label Égalité professionnelle fournit un cadre structuré pour diagnostiquer les écarts, sécuriser les processus RH et mesurer les progrès. Sa crédibilité repose sur l’audit, la commission et le suivi à 2 ans. Sa valeur commerciale dépend ensuite de la précision des preuves et de la sincérité de la communication.
Sources officielles utiles
- AFNOR Certification – Label Égalité professionnelle : cahiers des charges, domaines et parcours
- Ministère du Travail – Le Label Égalité professionnelle : fonctionnement et chiffres clés
- Entreprendre Service Public – Index de l’égalité professionnelle : obligations, seuils et publication
- Egapro – Calcul, déclaration et consultation de l’Index
- Ministère du Travail – Loi Rixain et représentation équilibrée dans les postes de direction
- AFNOR Certification – Alliance Label Diversité et Label Égalité professionnelle
- CNIL – Guide du recrutement et protection des données
