Le Label Diversité est un label d’État délivré par AFNOR Certification après une évaluation sur site et l’avis d’une commission nationale. Il reconnaît les démarches des employeurs publics et privés pour prévenir les discriminations et promouvoir l’égalité des chances. Créé en 2008, il évalue principalement les processus de gestion des ressources humaines, du recrutement au déroulement des carrières. Il examine aussi le dialogue avec les salariés, les fournisseurs, les clients, les usagers et les acteurs territoriaux. Le label est attribué pour quatre ans, avec un contrôle intermédiaire généralement organisé après deux ans.
Pour un responsable RSE, RH, QHSE ou un dirigeant, la candidature demande davantage qu’une politique d’intention. L’organisation doit cartographier ses risques, maîtriser ses processus, former ses équipes et mesurer l’efficacité des actions. Cet article présente les six axes du cahier des charges, les preuves attendues, l’audit, les coûts et les différences avec les dispositifs voisins. Il explique enfin comment valoriser le label auprès des candidats, des clients et des donneurs d’ordre.



Qu’est-ce que le Label Diversité ?
Le Label Diversité reconnaît un engagement effectif, volontaire et durable dans la prévention des discriminations. Il s’applique aux décisions de recrutement, d’intégration, de formation, de rémunération, de mobilité, de promotion et de départ.
Le dispositif a été créé par l’État avec les partenaires sociaux et des experts. Il est accessible aux entreprises, associations, ministères, collectivités, établissements publics et organismes de santé. Le label est délivré par AFNOR Certification après une évaluation sur site et l’avis d’une commission nationale.
Sources officielles : Ministère du Travail – Le Label Diversité ; Légifrance – décret du 17 décembre 2008.
Le label reconnaît un système de prévention et d’amélioration. Il ne garantit pas qu’aucune discrimination ne puisse survenir dans l’organisation.
Qui pilote et délivre le label ?
AFNOR Certification instruit les candidatures, organise les audits et attribue le Label Diversité après avis de la commission. Le ministère chargé du Travail pilote le dispositif pour les entreprises privées. La Direction générale de l’administration et de la fonction publique intervient pour les employeurs publics.
La commission réunit des représentants de l’État, des organisations syndicales de salariés, des organisations patronales et des experts désignés par l’ANDRH. Le décret du 10 avril 2024 a renouvelé cette commission pour cinq ans.
Source officielle : Légifrance – décret n° 2024-328 du 10 avril 2024.
À quelles organisations le label s’adresse-t-il ?
Le cahier des charges se décline en trois versions afin d’adapter les attentes au contexte de l’employeur :
- organismes privés de moins de 50 salariés ;
- organismes privés d’au moins 50 salariés ;
- employeurs publics.
Une organisation peut définir un périmètre limité à certaines activités ou certains sites, sous réserve de sa cohérence. Elle doit alors expliquer clairement quelles populations, entités et décisions RH sont couvertes. Un périmètre trop étroit ou artificiel réduirait la valeur de la démarche et compliquerait sa communication.
Pour situer ce dispositif parmi les autres reconnaissances sociales et RSE, consultez notre guide sur les labels RSE.
Quels critères de discrimination sont couverts ?
Le ministère du Travail indique que le label examine la prévention des discriminations fondées sur les 26 critères définis par la loi. Ils couvrent notamment l’origine, le sexe, l’âge, le handicap, l’état de santé, la grossesse, la religion, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’activité syndicale, le lieu de résidence et la qualité de lanceur d’alerte.
Une discrimination suppose un traitement défavorable fondé sur un critère interdit et intervenant dans une situation protégée par la loi. Dans l’emploi, elle peut concerner le recrutement, la rémunération, l’accès à une formation, une promotion, une sanction ou une rupture du contrat.
Sources officielles : Défenseur des droits – reconnaître une discrimination ; Ministère du Travail – référentiel de formation 2025.
Quels sont les six axes du cahier des charges ?
Le cahier des charges rénové est structuré autour de six axes. Ils couvrent la gouvernance, les processus RH, le dialogue avec les parties prenantes et la mesure des résultats.
| Axe | Questions examinées | Exemples de preuves |
|---|---|---|
| Connaître les risques | Où les discriminations peuvent-elles apparaître ? | Cartographie, données RH, réclamations, contrôles |
| Engager et mobiliser | La direction pilote-t-elle une politique claire ? | Engagement, gouvernance, objectifs, dialogue social |
| Sensibiliser et former | Les acteurs savent-ils prévenir et traiter les risques ? | Formations, supports, traçabilité des compétences |
| Maîtriser les processus RH | Les décisions reposent-elles sur des critères objectifs ? | Grilles, procédures, contrôles et validations |
| Dialoguer avec l’écosystème | Les clients, fournisseurs et territoires sont-ils associés ? | Clauses, partenariats, enquêtes et concertation |
| Mesurer l’efficacité | Les actions produisent-elles des résultats vérifiables ? | Indicateurs, enquêtes, écarts et plans correctifs |
Source officielle : AFNOR Certification – Label Diversité.
Quelles évolutions ont été introduites récemment ?
La rénovation du cahier des charges tient compte de nouvelles pratiques de travail et de gestion des ressources humaines. Elle renforce notamment les attentes relatives à l’accueil et au maintien dans l’emploi des personnes handicapées, aux salariés seniors et aux nouvelles organisations du travail.
Le recours aux solutions numériques et à l’intelligence artificielle par les services RH fait également l’objet d’une attention particulière. Une organisation doit pouvoir expliquer les données utilisées, les règles de classement, les contrôles humains et les moyens de recours.
Comment prévenir les biais liés à l’intelligence artificielle RH ?
Un logiciel de tri de candidatures peut reproduire des biais présents dans les données historiques ou dans ses critères de sélection. L’employeur doit vérifier le lien entre les données collectées et l’emploi proposé, limiter les données sensibles et conserver une supervision humaine réelle.
La CNIL recommande aussi d’informer les personnes, de documenter les traitements et d’évaluer les risques. Un classement automatique ne doit pas devenir une décision impossible à comprendre ou à contester.
Source officielle : CNIL – Guide du recrutement.
Comment cartographier les risques de discrimination ?
La cartographie commence par l’identification des décisions susceptibles d’affecter une personne. L’équipe analyse ensuite les critères utilisés, les acteurs impliqués, les outils, les données disponibles et les voies de recours.
| Processus | Risque à examiner | Contrôle possible |
|---|---|---|
| Recrutement | Critères subjectifs ou données sans lien avec le poste | Grille commune et revue des annonces |
| Rémunération | Écarts non justifiés entre situations comparables | Analyse statistique et décisions documentées |
| Formation | Accès inégal aux parcours de développement | Suivi des demandes et taux d’accès |
| Promotion | Décisions fondées sur des réseaux ou stéréotypes | Critères publiés et comité de revue |
| Organisation du travail | Modalités pénalisant certains profils | Analyse d’impact et aménagements |
| Signalements | Absence de traitement ou représailles | Canal sécurisé, délais et traçabilité |
Les indicateurs ne doivent pas conduire à collecter librement des données sensibles. La CNIL a publié des recommandations spécifiques sur les enquêtes de mesure de la diversité au travail, notamment sur la confidentialité et le recours éventuel à un tiers de confiance.
Source officielle : CNIL – Mesure de la diversité au travail.
Quelles preuves préparer pour l’audit ?
- Politique de prévention des discriminations validée par la direction.
- Cartographie des risques et plan d’action associé.
- Répartition claire des responsabilités entre RH, managers et direction.
- Procédures de recrutement, d’intégration, de formation et de mobilité.
- Grilles d’entretien et critères objectifs de décision.
- Dispositif d’écoute, de signalement et de traitement des alertes.
- Supports de formation des recruteurs et managers.
- Indicateurs de suivi et analyses des écarts.
- Actions relatives au handicap, aux seniors et à l’accessibilité.
- Contrôles appliqués aux outils numériques et algorithmiques.
- Éléments de dialogue social et de consultation des parties prenantes.
- Actions correctives issues des audits ou des signalements.
Une charte ou une campagne de sensibilisation ne suffit pas. L’audit examine la maîtrise des décisions RH, les résultats obtenus et la manière dont les écarts sont corrigés.
Comment se déroule l’audit et l’attribution ?
- Définir le périmètre : Préciser les sites, activités et populations concernés.
- Déposer la candidature : Transmettre le dossier et les éléments demandés par AFNOR Certification.
- Préparer l’évaluation : Mettre à disposition les documents, données et interlocuteurs.
- Passer l’audit sur site : L’évaluateur examine les pratiques et rencontre les acteurs concernés.
- Traiter les écarts : L’organisation apporte des compléments ou engage des corrections si nécessaire.
- Présenter le dossier : Le rapport est examiné par la commission nationale.
- Recevoir la décision : AFNOR Certification attribue ou refuse le label selon l’avis rendu.
La commission peut auditionner le candidat. Le processus ne se limite donc pas à une vérification documentaire. Il évalue la cohérence entre les engagements, les pratiques observées et les résultats.
Quelle est la durée du label ?
Le Label Diversité est attribué pour quatre ans et peut être renouvelé. Son maintien est soumis à un contrôle intermédiaire, généralement organisé après deux ans. Ce suivi permet de vérifier que les actions annoncées sont déployées et que les processus continuent de progresser.
Quel coût et quel délai prévoir ?
Le tarif dépend du nombre de salariés, des sites, du périmètre, de la durée d’audit et d’une éventuelle candidature conjointe avec le Label Égalité professionnelle. AFNOR propose un outil de devis en ligne, mais aucun montant unique ne peut être appliqué à toutes les organisations.
| Poste | Éléments à anticiper |
|---|---|
| Audit initial | Nombre de sites, salariés et jours d’évaluation |
| Préparation interne | Cartographie, collecte, formation et réunions |
| Accompagnement | Diagnostic, audit à blanc ou appui méthodologique |
| Actions correctives | Évolution des outils, processus et formations |
| Contrôle intermédiaire | Évaluation à mi-parcours |
| Renouvellement | Nouvel audit et nouvelle décision après quatre ans |
Exemple de préparation pour une PME
Une PME de services de 80 salariés souhaite structurer ses pratiques et renforcer sa marque employeur. Elle commence par limiter sa candidature à son activité principale et à son site français.
| Chantier | Action | Pilote | Preuve |
|---|---|---|---|
| Diagnostic | Cartographier les processus RH | RH / RSE | Matrice de risques |
| Recrutement | Créer une grille commune d’entretien | RH | Modèle et contrôles |
| Signalement | Formaliser un canal confidentiel | Direction | Procédure et registre |
| Formation | Former managers et recruteurs | RH | Programme et présence |
| Indicateurs | Suivre accès, mobilité et promotions | RH / contrôle | Tableau de bord |
| IA RH | Auditer le logiciel de présélection | RH / DPO | Analyse et mesures |
Cet exemple illustre une organisation possible. Il ne constitue pas un cas client ni un retour d’expérience de Physis Solutions.
Quelle différence avec la Charte de la diversité ?
| Dispositif | Engagement | Contrôle |
|---|---|---|
| Charte de la diversité | Adhésion volontaire à six engagements | Bilan déclaratif et animation du réseau |
| Label Diversité | Conformité à un cahier des charges d’État | Audit sur site, commission et suivi |
| Label Égalité professionnelle | Égalité et mixité entre les femmes et les hommes | Audit, commission et suivi |
| Alliance des labels | Candidature combinée aux deux labels | Dossier et audit communs, décisions distinctes |
Le dispositif Alliance repose sur un socle commun et des modules propres à chaque label. Il facilite les démarches, mais les deux commissions rendent des décisions distinctes.
Source officielle : AFNOR – Alliance Diversité et Égalité professionnelle.
Label Diversité ou Label Égalité professionnelle : que choisir ?
Les deux labels d’État reposent sur un audit, une commission et un cycle de quatre ans. Leur objet reste cependant différent.
| Critère | Label Diversité | Label Égalité professionnelle |
|---|---|---|
| Objectif | Prévenir les discriminations et promouvoir la diversité | Développer l’égalité et la mixité entre les femmes et les hommes |
| Périmètre | Ensemble des critères de discrimination reconnus par la loi | Écarts, traitements et parcours professionnels entre femmes et hommes |
| Organisme | AFNOR Certification après avis de la commission compétente | AFNOR Certification après avis de la commission compétente |
| Employeurs concernés | Organismes privés et employeurs publics | Organismes privés et employeurs publics |
| Intérêt commercial | Répondre à des attentes liées à l’inclusion, aux pratiques RH et aux risques sociaux | Répondre à des attentes portant sur l’égalité, la mixité et les parcours professionnels |
Le Label Diversité convient à une démarche couvrant largement la non-discrimination. Le Label Égalité professionnelle cible spécifiquement les relations entre les femmes et les hommes. L’Alliance peut être pertinente lorsque l’organisation souhaite traiter les deux champs et dispose des ressources nécessaires.
Quels sont les bénéfices et les limites ?
Les bénéfices opérationnels
- Structurer la prévention des discriminations dans tous les processus RH.
- Objectiver les décisions et améliorer leur traçabilité.
- Former les managers, recruteurs et équipes RH.
- Renforcer le dialogue social et le traitement des signalements.
- Obtenir un regard externe sur les pratiques.
- Soutenir la marque employeur et certains questionnaires RSE.
Les limites à communiquer
- Le label ne garantit pas l’absence de discrimination individuelle.
- Il ne protège pas automatiquement contre un contentieux.
- Il ne remplace pas les obligations légales de l’employeur.
- Il ne garantit pas une hausse des candidatures ou de la performance.
- Sa valeur dépend du périmètre et des résultats réellement démontrés.
Comment valoriser le Label Diversité commercialement ?
Le label peut renforcer une proposition commerciale lorsque le client évalue les pratiques sociales, l’inclusion ou la gestion responsable des ressources humaines. L’entreprise doit présenter le périmètre, la date de validité et les preuves les plus pertinentes.
Cette sensibilité ne signifie pas que le Label Diversité influence tous les achats. Elle justifie d’identifier les critères réellement examinés par chaque client.
Analyse Physis : le Label Diversité constitue-t-il un argument commercial ?
Le label devient un argument lorsqu’il répond à une attente précise du prospect : politique d’inclusion, maîtrise des risques sociaux, pratiques RH d’un fournisseur ou exigences d’un appel d’offres. L’annonce « nous avons le label » reste insuffisante. Le commercial doit relier le périmètre labellisé, l’audit et les résultats documentés au besoin exprimé par le client.
Sa valeur sera généralement plus forte auprès des donneurs d’ordre qui évaluent déjà les pratiques sociales de leurs fournisseurs. Elle peut être plus faible lorsque le cahier des charges ne comporte aucun critère pertinent. Le label constitue alors une preuve tierce disponible, pas un avantage concurrentiel automatique.
Répondre aux appels d’offres et questionnaires
Le dossier peut inclure l’attestation, le dispositif de signalement, les formations, les contrôles des recrutements et les indicateurs suivis. Le label ne remplace pas une réponse précise aux exigences du client. Une preuve vérifiable doit être distinguée d’un engagement futur, d’un objectif ou d’un résultat atteint.
Former les équipes commerciales
Les équipes doivent savoir expliquer ce que le label couvre, son fonctionnement et ses limites. Elles éviteront des affirmations telles que « aucune discrimination n’est possible » ou « tous les processus sont juridiquement sécurisés ». Elles doivent aussi préciser le périmètre labellisé et la date de validité des preuves utilisées.
Identifier les attentes des clients et prospects
Les demandes peuvent porter sur l’inclusion, le handicap, la formation, la gouvernance sociale ou les achats responsables. Leur analyse aide à sélectionner les preuves les plus utiles et à orienter les futurs plans d’action. Tous les clients n’accordent pas la même importance aux mêmes sujets.
Adapter le discours commercial
Un acheteur peut rechercher une preuve comparable et récente. Un responsable RSE peut demander le référentiel, le périmètre, les indicateurs et les actions correctives. La présentation doit donc varier selon le secteur, le rôle de l’interlocuteur, les exigences du donneur d’ordre et les preuves réellement disponibles.
Pour transformer ces éléments en arguments crédibles et préparer la prise de contact, consultez notre page sur la valorisation RSE auprès de vos clients et donneurs d’ordre.
Conclusion
Le Label Diversité fournit un cadre exigeant pour identifier les risques, maîtriser les processus RH et mesurer les progrès. Sa crédibilité repose sur l’audit, la commission et le suivi à mi-parcours.
Avant de candidater, l’organisation doit vérifier son périmètre, ses preuves et ses moyens de pilotage. Après l’obtention, la valeur commerciale du label dépend de sa capacité à relier des résultats documentés aux attentes précises de chaque client.
Sources officielles utiles
- Ministère du Travail – Le Label Diversité : définition, rénovation, procédure et chiffres clés
- AFNOR Certification – Label Diversité : cahiers des charges, six axes et parcours
- AFNOR Certification – Alliance Label Diversité et Label Égalité professionnelle
- Légifrance – Décret n° 2008-1344 du 17 décembre 2008 créant le Label Diversité
- Légifrance – Décret n° 2024-328 du 10 avril 2024 renouvelant la commission
- Défenseur des droits – Définition et critères juridiques de discrimination
- CNIL – Guide du recrutement et utilisation des outils numériques
- CNIL – Recommandations sur les enquêtes de mesure de la diversité au travail
