Le label PME+ est un label RSE destiné aux entreprises françaises indépendantes, à taille humaine, qui fournissent la distribution alimentaire ou non alimentaire. Porté par la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF), il reconnaît une démarche globale de progrès social, environnemental, territorial et éthique. Son attribution repose sur une autoévaluation, un audit indépendant, 20 exigences et un niveau minimal de conformité de 65 %.
Pour un responsable RSE, QHSE ou dirigeant, la première question consiste donc à vérifier l’éligibilité de l’entreprise. L’article présente ensuite les 6 piliers du référentiel, les preuves à préparer, le cycle de contrôle et les principales limites du label. Il explique enfin comment utiliser PME+ dans les échanges avec les enseignes, les clients et les consommateurs sans présenter le logo comme une garantie autonome sur chaque produit.



Qu’est-ce que le label PME+ ?
PME+ distingue les entreprises françaises qui structurent leur responsabilité sociétale et font contrôler leurs pratiques chaque année. Le dispositif a été créé en 2014 par la FEEF.
Le label vise particulièrement les fournisseurs de la grande distribution, de la restauration hors domicile, des surfaces spécialisées, des circuits spécialisés et du commerce électronique. Il prend en compte la gouvernance, l’emploi, le territoire, l’environnement, la chaîne de valeur et les attentes des consommateurs.
Source officielle : Label PME+ – présentation et éligibilité.
PME+ n’est pas un label généraliste ouvert à toutes les petites entreprises. Une société de services qui ne fournit pas la distribution peut ne pas être éligible.
Quelles entreprises peuvent candidater ?
Les conditions d’éligibilité sont cumulatives. Une entreprise doit vérifier son statut et son marché avant d’engager des dépenses de préparation ou d’audit.
- Être fournisseur alimentaire ou non alimentaire de la distribution.
- Être une entreprise indépendante française répondant aux règles d’actionnariat du dispositif.
- Facturer, payer des impôts et créer des emplois en France.
- Être engagée dans des pratiques éthiques et responsables.
- Disposer d’un dirigeant impliqué dans la démarche RSE.
- Être adhérente à la FEEF.
Le label peut concerner des TPE, des PME ou certaines ETI. La qualification exacte dépend des règles publiées par la FEEF et doit être confirmée avant candidature. Lorsqu’une entreprise n’entre pas dans ce périmètre, vous pouvez consulter notre page su le sujet : comparer les principaux labels RSE
Quelle différence entre PME+ et ISO 26000 ?
Le référentiel PME+ est inspiré des principes et orientations d’ISO 26000. Cette norme internationale fournit des lignes directrices sur la responsabilité sociétale. Elle ne contient pas d’exigences certifiables comme ISO 9001 ou ISO 14001. L’entreprise n’est donc pas « certifiée ISO 26000 ». Elle obtient le label PME+ selon les règles définies par la FEEF, après une évaluation fondée sur un référentiel spécifique.
Source officielle : ISO – ISO 26000 et responsabilité sociétale.
| Notion | Fonction | Portée |
|---|---|---|
| ISO 26000 | Lignes directrices internationales | Aucune certification ISO 26000 |
| Référentiel PME+ | Vingt exigences adaptées aux fournisseurs de la distribution | Évaluation de l’entreprise |
| Audit PME+ | Contrôle des pratiques, données et preuves | Rapport et niveau de conformité |
Quels sont les 6 piliers du référentiel ?
Le référentiel officiel comporte 20 exigences réparties en 6 piliers. Le respect des réglementations est traité dans les exigences de gouvernance, et non comme un septième pilier autonome.
| Pilier | Enjeux examinés | Exemples de preuves |
|---|---|---|
| Gouvernance et éthique | Engagement du dirigeant, parties prenantes, pilotage et conformité | Politique RSE, comité, plan d’action, veille |
| Empreinte territoire | Emplois, valeur créée en France et relations locales | Achats locaux, partenariats, emplois et investissements |
| Empreinte emploi | Santé, sécurité, dialogue social et compétences | DUERP, indicateurs RH, formation, accords |
| Environnement | Pollutions, ressources, climat, biodiversité et écoconception | Bilan GES, énergie, eau, déchets, analyse de cycle de vie |
| Chaîne de valeur | Éthique, corruption et achats responsables | Cartographie fournisseurs, clauses, contrôles et plans de progrès |
| Clients et consommateurs | Qualité, sécurité, transparence et consommation responsable | Traçabilité, réclamations, allégations et information |
Source officielle : Label PME+ – référentiel et vingt exigences.
Quelles attentes ont été renforcées récemment ?
La page officielle du référentiel met davantage en avant la mesure des résultats et la résilience. Elle mentionne notamment le reporting de durabilité, les indicateurs ESG, la limitation du gaspillage, l’écoconception, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le diagnostic de vulnérabilité climatique.
Ces sujets ne signifient pas que chaque entreprise doit appliquer exactement la même méthode. Les indicateurs et plans d’action doivent rester cohérents avec les produits, les sites, les matières premières et les principaux impacts de l’activité.
Comment se déroule la labellisation PME+ ?
Le parcours officiel est présenté en 5 étapes. L’entreprise doit néanmoins prévoir une phase de préparation avant l’audit.
- Vérifier l’éligibilité : Confirmer le statut, les circuits de distribution et l’adhésion à la FEEF.
- Réaliser l’autoévaluation : Mesurer le niveau de maturité sur les vingt exigences.
- Préparer l’audit : Rassembler les preuves, les données et les responsables disponibles.
- Passer l’audit : Un évaluateur Ecocert Environnement ou SGS examine les pratiques sur site.
- Analyser le rapport : La notation, le pourcentage de conformité et les éventuelles actions correctives sont formalisés.
- Obtenir et maintenir le label : L’entreprise poursuit son plan de progrès et fait l’objet d’un contrôle annuel.
SGS est habilité à conduire les audits PME+ depuis septembre 2025, aux côtés d’Ecocert Environnement.
Source : SGS – habilitation pour les audits PME+.
Que signifie le seuil de conformité de 65 % ?
Le site officiel indique qu’un niveau minimal de conformité de 65 % doit être atteint. Ce seuil ne signifie pas que les autres exigences peuvent être négligées. Le rapport peut identifier des écarts, demander des actions correctives et vérifier leur mise en œuvre.
Le cycle de labellisation est annoncé comme renouvelable sur 2 ans, avec un audit sur site la première année et un audit documentaire la seconde. Le contrôle reste annuel. Une page officielle évoque un délai de 6 mois pour certaines actions correctives. Ces modalités doivent être confirmées dans le règlement et le contrat applicables.
Source : Label PME+ – fonctionnement du renouvellement.
Quelles preuves préparer pour l’audit ?
- Politique RSE et engagement formalisé du dirigeant.
- Cartographie des parties prenantes et recueil de leurs attentes.
- Plan d’action avec objectifs, responsables et échéances.
- Tableau de bord social, environnemental et territorial.
- Données relatives aux émissions, à l’énergie, à l’eau et aux déchets.
- Évaluation des fournisseurs et règles d’achats responsables.
- Dispositifs de santé-sécurité et de développement des compétences.
- Éléments de traçabilité, de qualité et de sécurité des produits.
- Justificatifs des allégations environnementales ou sociales.
- Actions correctives issues des audits et revues précédentes.
| Point de vigilanceUne action isolée n’est pas une preuve de performance globale. L’auditeur examine aussi le périmètre, les indicateurs, les résultats et la continuité du pilotage. |
|---|
Quel coût et quel délai prévoir ?
Aucun tarif universel vérifiable n’est publié pour toutes les entreprises. Le budget dépend notamment de l’adhésion à la FEEF, de la taille, du nombre de sites, du temps d’audit et des éventuels besoins d’accompagnement.
| Poste | Éléments à anticiper |
|---|---|
| Adhésion | Cotisation FEEF et conditions associées |
| Préparation interne | Autoévaluation, collecte, réunions et plan d’action |
| Audit | Évaluation sur site ou documentaire, déplacements et périmètre |
| Accompagnement | Conseil facultatif, audit à blanc ou formation |
| Communication | Adaptation des emballages et supports de vente |
| Renouvellement | Contrôle annuel et suivi des actions correctives |
Le délai dépend du niveau de maturité. Une entreprise disposant déjà d’indicateurs, d’une veille et d’un plan fournisseurs avancera plus rapidement qu’une structure qui débute sa démarche.
Exemple de préparation pour une PME fournisseur
Une PME agroalimentaire de 90 salariés souhaite utiliser le label pour structurer sa RSE et renforcer ses échanges avec les enseignes.
| Chantier | Action | Pilote | Preuve |
|---|---|---|---|
| Gouvernance | Valider six objectifs RSE | Direction | Feuille de route |
| Territoire | Mesurer emplois et achats locaux | Finance / achats | Tableau annuel |
| Social | Suivre sécurité, absentéisme et formation | RH / qualité | Indicateurs |
| Climat | Réaliser un bilan GES proportionné | RSE / production | Inventaire et plan |
| Fournisseurs | Classer les risques et engager les partenaires | Achats | Cartographie |
| Clients | Contrôler les allégations et informations produit | Qualité / marketing | Validation |
Quels bénéfices et quelles limites ?
Les bénéfices possibles
- Structurer une démarche adaptée aux PME fournisseurs.
- Faire contrôler les pratiques par un organisme indépendant.
- Mobiliser la direction et les équipes autour d’objectifs communs.
- Rendre les résultats plus lisibles pour les enseignes.
- Valoriser l’ancrage territorial et l’emploi local.
- Participer aux opérations collectives organisées autour du label.
Les limites
- Le label PME+ ne garantit pas le référencement par une enseigne.
- Il ne démontre pas que chaque produit est écologique.
- Il ne remplace pas les certifications de qualité ou de sécurité produit.
- Il ne garantit pas une hausse des ventes.
- Il ne dispense pas du respect des obligations réglementaires.
Peut-on utiliser le logo PME+ sur les produits ?
Le logo peut être visible sur les produits commercialisés par l’entreprise labellisée, selon les règles définies par PME+. Cette visibilité aide le consommateur à identifier une entreprise engagée et auditée.
Le message doit toutefois rester exact. Le label reconnaît l’entreprise et sa démarche globale. Il ne certifie pas séparément la composition, l’empreinte carbone ou la recyclabilité de chaque référence. Les équipes marketing doivent donc vérifier leurs allégations et la charte graphique avant diffusion.
Comment valoriser le label PME+ auprès des enseignes et des clients ?
PME+ peut renforcer une proposition commerciale lorsqu’une enseigne recherche des fournisseurs français, engagés et capables de produire des preuves RSE. Le dossier doit associer le logo à des résultats concrets :
- emplois locaux
- réduction d’énergie
- achats responsables
- écoconception
- progrès sociaux
- etc
Répondre aux questionnaires et appels d’offres
L’entreprise peut joindre son attestation, préciser la date du dernier audit et présenter les exigences ayant obtenu de bons résultats. Elle doit répondre séparément aux questions techniques qui portent sur un produit, une matière ou un site.
Former les équipes commerciales
Les commerciaux doivent connaître l’éligibilité, les 6 piliers, le cycle d’audit et les limites du logo. Ils pourront ainsi expliquer le label sans le présenter comme une garantie générale de qualité environnementale.
Identifier les attentes des clients
Les demandes reçues des enseignes peuvent être classées par thèmes :
- Origine
- Climat
- Emballages
- Qualité
- Fournisseurs
- Emploi
- santé.
Cette analyse permet d’orienter le plan de progrès vers les sujets les plus déterminants commercialement. Pour transformer ces preuves en argumentaire cohérent et préparer la prise de contact, consultez notre page : [valorisation RSE auprès des clients → URL interne à renseigner]
Conclusion
Le label PME+ offre un cadre RSE ciblé pour les entreprises françaises indépendantes qui fournissent la distribution. Sa valeur repose sur l’éligibilité, la qualité des preuves, le contrôle annuel et la capacité à communiquer des résultats précis. Il ne doit pas être réduit à un logo apposé sur un emballage.
