Le GHG Protocol est le cadre international majeur pour mesurer et publier les émissions de gaz à effet de serre.
Il organise les émissions selon 3 scopes et 5 principes comptables. Son application soutient le reporting, les objectifs climatiques et les plans de réduction.
Pour compléter cette lecture, consultez aussi les ressources officielles : Corporate Standard du GHG Protocol, Scope 3 Standard.
Ce guide présente son origine, ses standards et sa méthode. Ses différences concernent le Bilan Carbone, ISO 14064 et le BEGES.
Qu’est-ce que le GHG Protocol ?
GHG signifie Greenhouse Gas, soit gaz à effet de serre. Le GHG Protocol peut donc être traduit par protocole des gaz à effet de serre. Il regroupe des standards, des guides, des outils et des formations consacrés à la comptabilité carbone. Ces ressources concernent les entreprises, les collectivités, les produits, les projets et certaines politiques publiques.
Le Corporate Standard fournit le cadre principal pour les inventaires d’émissions des organisations. D’autres documents précisent le scope 2, le scope 3 ou les émissions liées aux produits. Le référentiel aide une organisation à identifier les émissions associées à ses activités. Il structure ensuite leur calcul, leur suivi, leur publication et leur réduction. Le GHG Protocol est volontaire dans son principe. Il est toutefois repris par de nombreux cadres réglementaires, normes privées et questionnaires de donneurs d’ordre. Son influence dépasse donc la réalisation d’un simple bilan carbone. Il soutient le reporting ESG, les objectifs climatiques et la gestion des risques liés au carbone.
Qui a créé le Greenhouse Gas Protocol ?
Le GHG Protocol résulte d’un partenariat entre 2 organismes. Le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). Le WRI apporte une expertise scientifique. Le WBCSD représente les besoins opérationnels de nombreuses entreprises internationales.
Le partenariat débute pendant les années 1990, face à la diversité des méthodes de comptabilité carbone. Le premier Corporate Standard paraît en 2001. Des guides complètent ensuite le cadre pour l’énergie, la chaîne de valeur et les produits. Sa gouvernance associe entreprises, ONG, experts et institutions. Cette consultation favorise une adoption internationale et une amélioration progressive.
Quels gaz sont couverts par le GHG Protocol ?
Le GHG Protocol couvre 7 familles de gaz. Elles sont converties dans une unité commune appelée équivalent dioxyde de carbone. Ces gaz sont le CO2, le CH4, le N2O, les HFC, les PFC, le SF6 et le NF3. Leurs sources comprennent les combustibles, l’agriculture, les déchets, le froid, les procédés industriels, l’électricité et l’électronique. Chaque gaz possède un pouvoir réchauffant différent. La conversion en CO2e permet de consolider leurs impacts dans un même inventaire.
Quels sont les cinq principes du GHG Protocol ?
Le Corporate Standard repose sur cinq principes comptables. Ils orientent les décisions méthodologiques et la présentation des résultats.
La pertinence
L’inventaire doit refléter correctement les émissions de l’organisation. Il doit aussi répondre aux besoins décisionnels de ses utilisateurs.
L’exhaustivité
Toutes les sources comprises dans le périmètre retenu doivent être intégrées. Les exclusions doivent rester exceptionnelles, justifiées et documentées.
La cohérence
Les méthodes doivent permettre de comparer les résultats dans le temps. Les changements importants doivent être expliqués et parfois entraîner un recalcul historique.
La transparence
Les utilisateurs doivent comprendre les sources, méthodes, hypothèses et limites du calcul. Les choix structurants ne doivent jamais rester implicites.
L’exactitude
Les résultats ne doivent pas être systématiquement surestimés ou sous-estimés. Leur précision doit correspondre à l’usage prévu.
Que représentent les scopes 1, 2 et 3 ?
Les scopes classent les émissions selon leur relation avec l’organisation. Ils évitent de mélanger les sources directes et les émissions de la chaîne de valeur.
Scope 1 : les émissions directes
Le scope 1 couvre les émissions provenant de sources détenues ou contrôlées par l’organisation. Il comprend généralement les combustibles consommés dans les bâtiments, installations industrielles et véhicules appartenant à l’entreprise. Il intègre aussi les émissions des procédés, les fuites de fluides frigorigènes et certaines émissions agricoles.
Ces sources sont directement pilotables. Leur réduction peut passer par l’efficacité énergétique, l’électrification, la maintenance ou la modification des procédés.
Scope 2 : les émissions indirectes liées à l’énergie
Le scope 2 couvre les émissions associées à l’électricité, la chaleur, la vapeur ou le froid achetés. La méthode location-based utilise les facteurs moyens du réseau électrique concerné. Elle reflète généralement le contexte géographique de consommation.
La méthode market-based utilise des données contractuelles, lorsque les conditions méthodologiques sont respectées. Elle peut intégrer certains contrats ou certificats énergétiques.
Scope 3 : les autres émissions indirectes
Le scope 3 couvre les émissions en amont et en aval de la chaîne de valeur. Elles échappent souvent au contrôle direct de l’entreprise. Le standard distingue 15 catégories. Elles permettent de structurer les achats, transports, investissements, produits vendus et autres émissions indirectes.
Les catégories amont couvrent notamment les biens achetés, les immobilisations, l’énergie hors scopes précédents et le transport fournisseur. Elles incluent aussi les déchets, les déplacements professionnels, les trajets domicile-travail et certains actifs loués.
Les catégories aval couvrent le transport client, la transformation, l’utilisation et la fin de vie des produits vendus. Elles peuvent également inclure les franchises, les actifs loués en aval et les investissements financiers. Le scope 3 représente souvent la majorité de l’empreinte d’une entreprise. Il reste aussi le périmètre le plus difficile à mesurer précisément.
Quels standards et guides propose le GHG Protocol ?
Le Corporate Standard encadre les inventaires organisationnels. Il définit les principes, les frontières et les exigences générales de reporting. La Scope 2 Guidance précise le calcul des émissions liées à l’énergie achetée. Elle développe les méthodes location-based et market-based.
Le Corporate Value Chain Standard traite les émissions du scope 3. Il définit les 15 catégories et les principales exigences de publication. Le Product Life Cycle Standard concerne les émissions générées pendant le cycle de vie d’un produit ou service.
Le Global Protocol for Community-Scale Inventories concerne les villes et territoires. Il harmonise leurs inventaires d’émissions. Le Land Sector and Removals Standard couvre les émissions liées aux terres et certaines absorptions de CO2. Son guide d’application complète les exigences.
Le GHG Protocol révise aussi sa suite Corporate, notamment les standards Corporate, Scope 2 et Scope 3.
Comment appliquer le GHG Protocol dans une entreprise ?
Définir les objectifs de l’inventaire
L’entreprise doit préciser les usages attendus. Le calcul peut servir au pilotage interne, au reporting, aux clients ou à une trajectoire climatique.
Choisir le périmètre organisationnel
Le GHG Protocol propose des approches fondées sur la participation financière ou le contrôle. Le contrôle peut être financier ou opérationnel. Le choix doit correspondre à la structure du groupe et rester cohérent dans le temps.
Définir le périmètre opérationnel
L’organisation identifie les sources relevant des scopes 1, 2 et 3. Les scopes 1 et 2 sont généralement indispensables pour un inventaire Corporate Standard. Le scope 3 nécessite une analyse des catégories pertinentes.
Choisir une année de référence
L’année de référence sert à mesurer les progrès. Elle doit disposer de données représentatives et suffisamment fiables. Certains changements structurels peuvent nécessiter un recalcul. Cela concerne notamment les acquisitions, cessions ou modifications méthodologiques importantes.
Cartographier les sources d’émission
Chaque activité doit être reliée à une donnée mesurable. Il peut s’agir de kilowattheures, litres, kilomètres, masses ou dépenses.
Collecter les données d’activité
Les données physiques sont généralement préférables. Elles représentent mieux les consommations, flux et usages réels.
Sélectionner les facteurs d’émission
Un facteur d’émission convertit une donnée d’activité en quantité de CO2e. L’entreprise doit choisir des sources reconnues, récentes et adaptées au pays, secteur ou procédé concerné.
Calculer et consolider les émissions
Le calcul multiplie généralement une donnée d’activité par un facteur d’émission. Les résultats sont ensuite consolidés par entité, site, activité, scope et catégorie.
Évaluer la qualité et les incertitudes
Toutes les données ne possèdent pas la même fiabilité. Une analyse de qualité permet de prioriser les améliorations.
Publier les résultats et définir un plan
Le rapport doit présenter les périmètres, méthodes, exclusions et évolutions. Il doit distinguer clairement les scopes et années comparées. L’inventaire doit ensuite soutenir un plan de réduction. Chaque action nécessite un responsable, un calendrier, des moyens et un indicateur.
Quelle différence entre GHG Protocol et Bilan Carbone ?
Le GHG Protocol et le Bilan Carbone poursuivent un objectif commun. Ils permettent de mesurer les émissions et de guider leur réduction. Le GHG Protocol possède une diffusion internationale. Il structure principalement les données selon les scopes 1, 2 et 3.
Le Bilan Carbone est une méthode développée en France. Il insiste fortement sur l’analyse des dépendances et la construction d’un plan de transition. Les deux méthodes ne doivent donc pas être opposées systématiquement. Leur complémentarité dépend des objectifs, obligations et parties prenantes concernées.
Pour approfondir la démarche française, consultez notre guide consacré au Bilan Carbone. Il détaille la collecte, l’analyse et le plan de réduction.
Quelle différence avec ISO 14064 et le BEGES ?
ISO 14064-1 est une norme internationale dédiée aux inventaires de gaz à effet de serre des organisations. Elle présente des exigences concernant la quantification, la déclaration et la vérification. Sa structure diffère du découpage historique en 3 scopes.
Le GHG Protocol fournit un cadre largement utilisé par les entreprises. ISO 14064 facilite davantage les démarches formelles de vérification et de certification. Depuis 2025, l’ISO et le GHG Protocol travaillent à l’harmonisation de leurs standards. Cette coopération doit réduire les divergences méthodologiques futures.
Le BEGES correspond au bilan réglementaire français. Il concerne certaines organisations selon leur statut, leur taille et les règles nationales applicables. Le BEGES impose une publication périodique et un plan de transition. Il prend en compte les émissions indirectes significatives selon le cadre réglementaire.
Comment le GHG Protocol soutient-il le reporting climatique ?
Le référentiel fournit une nomenclature comprise par de nombreux investisseurs, agences de notation et directions financières. Les données peuvent alimenter des rapports de durabilité, des questionnaires CDP et certaines démarches Science Based Targets. Elles servent également aux échanges avec les banques, assureurs, actionnaires, clients et fournisseurs stratégiques.
Un reporting crédible ne présente pas seulement un total annuel. Il explique les variations, les méthodes et les principaux postes d’émission. Les indicateurs absolus montrent le volume total produit. Les indicateurs d’intensité rapprochent les émissions du chiffre d’affaires ou de la production. Ces ratios facilitent certains suivis, mais ils ne remplacent jamais l’analyse des émissions absolues. Les entreprises doivent aussi distinguer leurs réductions réelles des effets liés aux acquisitions, cessions ou changements de périmètre.
Le GHG Protocol soutient enfin la préparation d’objectifs climatiques. Une année de référence cohérente permet de suivre leur progression. Les objectifs doivent couvrir les postes significatifs et reposer sur des actions identifiées. Ils nécessitent des responsables et des budgets. Le reporting devient alors un outil de pilotage. Il relie les données historiques aux décisions opérationnelles et aux investissements futurs. Cette structure améliore aussi la cohérence entre plusieurs filiales et métiers.
Quels avantages apporte le GHG Protocol ?
Sa première force réside dans sa reconnaissance internationale. Les mêmes notions peuvent être comprises par des partenaires situés dans plusieurs pays. Le découpage par scopes facilite la lecture des responsabilités. Il distingue les opérations directes, l’énergie et la chaîne de valeur. Une donnée structurée facilite les réponses aux investisseurs, clients, banques et agences de notation.
Le GHG Protocol aide enfin à identifier les risques économiques. Les émissions importantes signalent parfois une dépendance aux énergies, matières ou fournisseurs vulnérables.
Quelles sont les limites du GHG Protocol ?
Un inventaire conforme n’est pas automatiquement comparable avec celui d’un concurrent. Les entreprises peuvent choisir des frontières, hypothèses, facteurs et niveaux de précision différents. Le scope 3 présente une incertitude particulière. Les données fournisseurs restent souvent incomplètes ou calculées selon des méthodes hétérogènes.
La méthode market-based peut également produire des résultats éloignés du contexte physique local. Elle doit être présentée avec le résultat location-based. Un chiffre unique peut masquer des évolutions importantes. Une baisse liée à une cession ne possède pas la même signification qu’une réduction opérationnelle. La qualité dépend enfin de la gouvernance interne. Un logiciel ne corrige pas automatiquement des données mal définies, incomplètes ou non contrôlées.
Comment valoriser commercialement les données issues du GHG Protocol ?
Un inventaire GHG Protocol crée une base crédible pour communiquer. Cette crédibilité dépend toutefois de la qualité des preuves et du contexte fourni.
La première étape consiste à sélectionner les informations utiles à chaque public. Un acheteur, investisseur ou client final ne recherche pas les mêmes détails. Les supports doivent toujours préciser l’année de référence, le périmètre, les scopes et les principales exclusions. Les commerciaux utilisant ces supports doivent être formés sur ces sujets. Il est également nécessaire de connaître la sensibilité du client ou du prospect en amont.
Une évolution doit être expliquée avec son contexte. Les changements d’activité, acquisitions, cessions et recalculs peuvent modifier fortement les résultats. Les équipes commerciales peuvent utiliser des fiches carbone synthétiques. Elles doivent présenter les indicateurs, méthodes, sources et actions réellement engagées. Ces fiches peuvent alimenter les réponses aux appels d’offres. Elles facilitent aussi les questionnaires fournisseurs et les échanges avec les donneurs d’ordre.
Les données du scope 3 peuvent soutenir la collaboration avec les clients. Elles aident notamment leurs propres calculs lorsque les informations sont suffisamment granulaires.
La communication doit distinguer les émissions mesurées, les réductions obtenues et les objectifs futurs. Une promesse ne doit jamais être présentée comme un résultat acquis. Les comparaisons nécessitent des périmètres équivalents. Comparer deux entreprises différentes avec un simple total carbone peut induire le public en erreur. La documentation doit être centralisée. Les facteurs d’émission, fichiers sources, hypothèses, validations et rapports doivent rester accessibles.
Une validation interne évite les contradictions entre marketing, commerce, finance et responsables RSE. Les supports doivent aussi être mis à jour après chaque inventaire. Une ancienne donnée peut devenir trompeuse après une évolution méthodologique importante. Cette transformation des résultats en preuves relève d’une démarche globale de valorisation RSE. Elle relie la rigueur technique aux besoins des marchés.
Une solution dédiée peut centraliser les données, sécuriser leur validation et générer des supports adaptés aux différents clients. Elle permet aussi de conserver l’historique des versions. Les équipes utilisent alors des informations cohérentes, vérifiables et actualisées. La valorisation commerciale ne consiste donc pas à simplifier excessivement le bilan. Elle rend les résultats compréhensibles sans supprimer leurs limites méthodologiques.
Conclusion
Le GHG Protocol fournit un cadre international pour mesurer, classer et publier les émissions de gaz à effet de serre. Ses trois scopes donnent une lecture structurée des opérations, de l’énergie et de la chaîne de valeur. Ses 5 principes renforcent la pertinence, l’exhaustivité, la cohérence, la transparence et l’exactitude des inventaires.
Son application nécessite néanmoins des périmètres clairs, des données fiables et une gouvernance solide. Le résultat doit surtout guider les décisions. Il permet de prioriser les réductions, suivre les progrès et répondre aux attentes externes. Une valorisation responsable prolonge ensuite ce travail. Elle transforme les données carbone en preuves utilisables, sans masquer les hypothèses et incertitudes.



